Tout est calme

18 juin 2005

Préparatifs

Samedi 18 Juin, J-10

Coucou,

C'est sur ce blog que je compte tenir mon carnet de route. Dans la mesure du possible, j'essaierai de vous informer régulièrement de mes péripéties, états d'âme, impressions, rapatriement et autres aléas.

Le grand départ aura lieu mardi 28 juin de Marseille. D'ailleurs, je vous convie tous à venir me faire un dernier coucou à l'aéroport de Marignane... à 5h du mat! Non? Vous êtes sûr? Tant pis...

Après une escale à Frankfurt, j'arriverai en fin d'après-midi à Caracas, Venezuela, pays dans lequel je compte rester entre 2 et 3 semaines. Après les diverses infos glanées à droite à gauche et les conseils avisés de mon entourage, je ne traverserai donc pas la Colombie par la voie terrestre comme initialement prévu, mais la survolerai de haut pour arriver à Lima, Capitale du Pérou. Pendant plus de 2 mois, je sillonnerai les contrées andines au hasard des rencontres sur les sentiers péruviens, équatoriens et boliviens. C'est promis, je me tiendrai informé de l'actualité géopolitique de la région, ne prendrai aucun risque démesuré, n'oublierai ni ma crème solaire, ni ma brosse à cheveux. Pour le reste...

Un dernier vol interne me ramènera de Lima à Caracas où je prendrai mon avion pour être de retour le 20 septembre à 13h55 tapantes!

Voilà,

Passez tous un bon été,

Piero

Posté par salsapiero à 19:36 - Commentaires [4] - Permalien [#]


28 juin 2005

Caracas

Mardi 28 Juin, le Depart

Hola,

Ecrire mes messages avec les mots correctement accentues me demanderait une etude approfondie dea claviers sudamericains que je n ai pas, pour le moment, le courage d’entreprendre.

La nuit de lundi a mardi a ete consacree aux derniers preparatifs (faire l’integralite de mon sac) et au nettoyage partiel de mon appartement (Frigo, Vitres, Carrelage, Peintures au plafond, Salle de bain, PonÇage du parquet, Installetion d’une mezzanine...).

Le Serenissime Grand Chef de

la Tribu Ruszczynski

, mon pere, a traverse la moitie de

la France

, pour s’assurer d’avoir la paix pendant les 3 prochains mois en me deposant a l’aeroport de Marignane (Merci P’pa).

Ce qu’il me reste de souvenir de mon escale a Frankfurt, un homme parlant a son ami :

_ “Tu connais le nom de la femme du Condor?

_ Non

_ C’est la chambre a coucher

_ Ah, chavais pas

_ T’as rien compris, c’est la chambre a coucher, parce que c’est

la Condor

(c’est la qu'on dort)

_ Tu sais, moi j’y connais rien aux oiseaux”

Fin de la conversation.

Dans l’avion menant a Caracas, j’ai fait la connaissance d’Igor, un prof de tennis parisien, qui vient chaque annee passer ses vacances au Venezuela ou une partie de sa famille vit. Nous logeons dans un petit hotel proche de la “Place Venezuela”, dans le centre de Caracas. Apres avoir affronte les climatisations de l’avion et de la chambre d’hotel, je peux partir sans apprehension braver les nuits andines! Meme si les temperatures sont un peu plus fraiches qu a Marseille, il faut un certain temps pour s’acclimater a l’humidite ambiante.

Info pratique : Il y a 6 heures de decalage horaire avec

la France.

Je vous donnerai d’autres nouvelles tres rapidement.

Biz,

Piero

Posté par salsapiero à 16:54 - Commentaires [1] - Permalien [#]

29 juin 2005

Un indien dans la ville

Mercredi 29 Juin, Caracas

La matinée me permet de faire connaissance avec l Avenida Sabana Grande et ses nombreux marchands ambulants. Je ne peux m’empêcher de penser à Noailles en voyant le fourmillement des passants.

Avec Igor, nous décidons de changer d’hôtel et optons pour un autre, moins cher et moins crasseux. L’accueil est exécrable, mais c’est bien là le dernier de mes soucis. Apres un repas rapide, je décide d’aller visiter le Museo del Arte Contemporáneo qui abrite des œuvres de Picasso, Chagall, Miro, Leger et celles de peintres vénézuéliens dont les noms m’échappent. Malheureusement, le musée est fermé pour plusieurs semaines. Je pars donc me balader au Parque Los Coabos. La végétation est luxuriante, la main de l’homme à peine perceptible. Proche du parc se trouve la Galeria de Arte Nacional. Me voilà plongé dans la peinture venezuelienne du 16 au 19eme siècle. Les indications en espagnol explicitant l’évolution des courants me laissent souvent perplexes. L’exposition « Copias de Trabajo » de photos en noir et blanc de Ramon Grandal, artiste né à Cuba et émigré au Venezuela, m’est plus accessible. Les descriptions de La Havane, lues dans les livres de Reinaldo Arenas et de Zoé Valdès, prennent corps dans mon esprit. Le Malecón est conforme à mon imagination. Je sors du musée songeur. La fraîcheur d’un jus d’orange pressé me sort de mes rêveries. Commander un jus d’orange à une marchande qui ne vend que du jus d’orange constitue déjà un authentique exploit. Mais là, c’est décidé, je pars à l’aventure. La grande, celle avec un A majuscule. Direction La Bandera où se trouve la gare routière. Ma mission : prendre un billet pour Mérida. Pour m’échauffer, je demande à plusieurs reprises mon chemin. Les gens s’expriment beaucoup avec les mains, je capte à la dérobée quelques mots. Me voici maintenant devant une multitude de guichets. Je multiplie les agences pour en sélectionner une proposant un tarif intéressant. Le guichetier, qui arbore fièrement un duvet de moustache fourni, se montre très patient. Après plusieurs fous rires, je repars avec le précieux sésame en poche. Pas peu fier !

De retour à l’hôtel, je m’accorde un peu de repos et me replonge dans ma méthode Assimil. J’apprends par Igor que nous avons rdv à 9h avec Adriana et Apolonia pour une première virée nocturne. Igor a rencontré Adriana l’année dernière. Par son intermédiaire, nous avons fait la connaissance d’Apolonia (qui travaille chez Air France) lors de notre arrivée à l’aéroport. Nous nous rendons à l’Hippocampo où s’époumonent déjà 3 soneros accompagnés par un clavier, une flutte, une basse, une batterie et des congas. Bien que nous soyons mercredi, l’endroit est animé et accueille à merveille mes premiers shines (= petits pas de danse en salsa). Comme attendu, la salsa dansée ici est très différente, impossible de réussir à passer autre chose que des enchufalas. Que cela ne tienne, je danse jusqu’à l’épuisement. A noter un drôle de concept : l’entrée (4€) comprend 8 bières ! Aucune difficulté donc à trouver le sommeil. Mais les affres du décalage horaire ma rattrapent. Je ne réussirais pas à dormir plus de 2h.

Piero

Posté par salsapiero à 00:56 - Commentaires [0] - Permalien [#]

30 juin 2005

Première nuit de bus

Jeudi 30 Juin, Caracas

Pour commencer, une petite description de ce que la gastronomie, ou plutôt la snackerie, vénézuélienne propose. Au petit déj, les vénézuéliens se délectent d’empanadas, sorte de beignets fourrés à la viande, au poulet ou au fromage. Invariablement accompagné d’un jus de fruit frais (Orange, Ananas, Passion, Mangue et autres que je ne connais pas toujours. Egalement fris, l’Ajepa se fourre de toute sorte de chose comme une pita. La Cachapa est une galette de mais dans laquelle on peut mettre du jambon et du Queso de mano (fromage très apprècié ici). La Chicha est un dessert sucré que je suppose être à base de lait concentré. Tout ça n’est pas très diététique et je songe avec regret à mes brocolis vapeur et mes yaourts au soja…

Ce matin, j’ai rdv avec Apolonia qui m’a proposé de me servir de guide dans Caracas. Je lui demande de m’emmener sur son campus universitaire. Situé au centre de Caracas, le campus abrite toutes les disciplines. Il est très difficile d’intégrer cette université, mais une fois admis, les études sont entièrement prises en charge par l’Etat. Apolonia entre en 5eme année et étudie le français et l’anglais pour devenir traductrice. La plupart des amis qu’elle me présente parle très correctement le français, je me risque à quelques phrases de salutations en espagnol que chacun accueille avec sourire. Nous nous rendons ensuite au jardin botanique jouxtant le campus. C’est la saison des pluies et je prends avec un certain plaisir ma première douche tropicale.

Nous passons récupérer mes bagages à l’hôtel. Apolonia m’accompagne à La Bandera où elle prendra elle aussi un bus pour rentrer chez ses parents à San Sebastian de Los Reyes, à 3h de Caracas.

Comme vous vous en doutez, la gare routière est un bordel sans nom. Le bus est conforme à mes attentes. Totalement différent de la photo de l’agence. Sans climatisation, ni suspension. Il n’ira d’ailleurs pas jusqu’au bout du voyage…

Le bus est quasiment vide, je prends mes aises et savoure ce parfum de liberté, étrangement lié à celui des pots d’échappement. Je me délecte des bouchons. Sans objectif, ni attente, je gagne ma bataille contre le temps. Peu m’importe l’heure d’arrivée, l’important est d’être du voyage.

A cet instant, rien ne m’intrigue plus que les informations contenues sur les plaques minéralogiques. Pourquoi sont-elles tantôt blanches tantôt jaunes ? 3 Lettres, 3 numéros, Venezuela écrit au-dessus, le nom de l’Etat en dessous. Intéressant, non ? L’épais nuage de pollution ne me permet pas de laisser errer mon regard beaucoup plus loin que les voitures engluées dans la circulation. Mais ma patience est vite récompensée. Toute la palette des verts est passée en revue par la végétation luxuriante des collines. Dans le bus, une femme s’amuse avec son petit oiseau vert. Il lui picore les noix qu’elle place entre ses lèvres.

Je me réveille lorsque le bus s’arrête à Maracay. Nous repartons au bout d’une vingtaine de minutes. Le bus est maintenant bondé. Les sièges sont si étroits qu’une Pauline et une Marie assises côte-à-côte n’auraient pas été à leur aise. Que dire du molosse tatoué venu s’asseoir à côté de moi. Peu de chose en somme, son regard patibulaire n’invitant pas à la conversation.

Nous sommes partis à 17h45, le voyage devait durer 12 heures. Nous nous arrêtons souvent pour prendre de nouveaux passagers, encore plus souvent pour réparer la carlingue. A moins de 60km de son but, notre destrier de métal a décidé de rendre son dernier souffle. C’est avec regret que je le quitte pour un autre à peine plus confortable.

Mes reins endoloris ne s’en plaignent pas. Je touche au but lorsque le soleil est à son zénith. Les 650 km qui séparent Caracas à Mérida auront été parcourus en un peu plus de 18h. Je sens que je vais beaucoup me plaire dans cette ville…

Piero

Posté par salsapiero à 02:44 - Commentaires [0] - Permalien [#]

01 juillet 2005

Mérida

Vendredi 1 Juillet, Mérida

La journée est passée très vite. Et pour cause, le retard pris par le bus a déjà bien entamé la journée. Le temps de trouver une posada, de prendre une douche, de faire une micro-sieste interrompue par l’excitation d’aller découvrir la ville, d’envoyer mon post sur le blog, le soleil ne tarde pas à s’éclipser. A noter, leur très jolie cathédrale dont la luminosité et les couleurs me surprennent. Achevé en 1958, les vitraux diffusent une douce lumière bleue. Certains murs sont peints en rose foncé. Le lieu est très agréable, mais je ne m’attarde pas de peur de gêner l’office.

De retour à la posada, le dilemme me ronge : me coucher sans manger comme me le suggère mes yeux fatigués, profiter de ce vendredi soir pour aller me trémousser avec la jeunesse locale. Direction el Hoyo del Queque. L’endroit m’a été indiqué par Daniel qui travaille à l’accueil de la posada. Je suis un peu déçu de ne pas y trouver de concert en vivo. La musique alterne entre reggae et rock. Je demande à un petit groupe où j’ai une chance de pouvoir danser la salsa. Le contact est noué, je passe la soirée avec eux. Ils se proposent très vite de me faire visiter la ville le lendemain. Tout est si facile ici…

Piero

   

Ps : Petites photos prises sur www.querumba.com, site qui publie les photos de soirées vénézueliennes

011                                028

         Judy                                          Javier, Virginia et Judy

Posté par salsapiero à 17:23 - Commentaires [1] - Permalien [#]


02 juillet 2005

Laguna Negra

Samedi 2 Juillet, Mérida

Tout va pour le mieux, même si le décalage horaire se fait toujours ressentir et qu’il est difficile d’avoir les yeux encore fermés après 6h du matin. Après une matinée à flâner dans les marchés de Mérida, j’appelle Judia, rencontrée la veille à El Hoyo del Queque. Nous nous retrouvons devant la cathédral de Mérida à 2h et filons en voiture rejoindre Virginia et Javier. Judia a vécu 1 an au Canada et parle un anglais impécable. L’extrême difficulté à m’exprimer en espagnol me donne des ailes et mon anglais devient quasi fluent.

Après avoir fait le plein d’essence (1€, vivement qu’on trouve du pétrôle dans

la Creuse

), nous prenons le chemin des montagnes, direction El Paramo. Le long des vallons, une rivière mouvementée nous accompagne. Je suis toujours aussi surpris par les différents teintes de vert proposées par la végétation. Le temps est couvert et nous essuyons quelques ondées. Nous nous arrêtons à plusieurs reprises pour nous balader le long du rio, visiter une église en pierre ou encore faire le tour du chateau de San Ignacio. Nous arrivons enfin à

la Laguna

Negra.

La scène est apocalyptique : nuages gris très bas, pluies fines et l’eau du lac, comme son nom l’indique, noire. Je scrute à tout hasard l’étendue d’eau pour tenter d’y surprendre le monstre du Lock Ness. Dommage, j’aurais tenu un sacré scoop !

Nous rentrons doucement à Mérida et allons diner chez Virginia. Malgré l’état de fatigue général des troupes, nous voilà reparti pour une nouvelle soirée. Une centaine de voitures se retrouvent alors sur un immense parking, coffres ouverts, musique locale ou internationale à fond la caisse, boissons et glacons posés sur le toit. Je suis au milieu d’anti-chaviste convaincu, et me surprends à avoir ma première discussion politique... en espagnol !

Piero

Ps : Dès que possible, j’ajouterai à ce post les photos de la journée

Posté par salsapiero à 17:54 - Commentaires [0] - Permalien [#]

03 juillet 2005

Parque de Mucy

uDimanche 3 Juillet, Mérida

Ville morte le dimanche au Venezuela. Tout juste de quoi trouver quelques victuailles à grignoter. A midi, je décide d’en profiter pour louer un vtt et aller taquiner les pentes environnantes. A cette occasion, je fais la connaissance de Ludo et Antoine. Ils viennent de Bruxelles et sont au Venezuela pour 1 mois. Le gérant de la posada nous assure qu’il nous faudra moins de 3h pour atteindre le Parque de Mucuy et revenir. Nous voilà parti pour une après-midi pour le moins sportive ! Je ne sais pas où en sont les coureurs du tour de France, mais, sans aucun doute, nous avons déjà attaqué la montagne. A côté de notre parcours, le col de l’Alpes d’Huez, c’est de la rigolade. Pas un hectomètre de plat sur notre parcours. De temps à autres, nous demandons, la langue pendante jusqu’à terre, si nous approchons du but. Le plus optimiste nous dira qu’il nous reste qu’une dizaine de mètres. L’humour vénézuélien sans doute ! Fier comme un polak, j’ai mis un point d’honneur à ne jamais descendre du vélo. Mais que ce fut dur…

A noter : ils ont encore du boulot à abattre pour attirer les touristes. C’est pas avec un rio à 10 degrés qu’ils vont faire venir les foules ! Ils auraient quand même pu chauffer l’eau, avec le mal qu’on s’est donné ! Nous nous posons un bon moment près de la rivière et jouissons du paysage de la vallée. Ca valait quand même le coup d’accumuler un peu d’acide lactique dans les mollets.

Quelques brochettes sur la place Bolivar, une petite bière et tout le monde au lit !

Piero

Posté par salsapiero à 01:18 - Commentaires [0] - Permalien [#]

04 juillet 2005

Tout est calme

Lundi 4 juillet, Mérida

Après les efforts consentis la veille, la journée est plus calme. Comme il me reste à peine de quoi déjeuner, je demande à Daniel de la posada s’il connaît un lieu où changer mes traveller-chèques au marché noir. La monnaie venezuelienne, le Bolivar, est très instable. Sa valeur face au dollar ne cesse de chuter. Il est donc très facile de changer ses devises à un taux supérieur que le cours officiel, c’est le mercado negro.

Avec mes 2 acolytes belges, nous organisons la journée du lendemain. Après les gorges de l’arrière-pays niçois, j’irai braver les chutes d’eau locales en canyoning.

A partir de mercredi, je partirai peut-être pour 3 jours en rando. Donc pas d’inquiétude si vous n’avez pas de news pendant plusieurs jours. De plus, comme c’est le cas aujourd’hui, il arrive que le réseau Internet de la ville soit entièrement coupé.

A très vite,

Piero

Posté par salsapiero à 01:20 - Commentaires [2] - Permalien [#]

05 juillet 2005

Canyoning au milieu de la forêt

Mardi 5 Juillet 2005, Mérida

Je me suis fait plutôt discret ses derniers jours. J'essaie donc de profiter de mon étape à Quito pour rattrapper le temps perdu et vous conter brièvement mes 2 dernières semaines vénézuéliennes.

Mais comme souvent les mots me manquent pour partager avec vous les émotions ressenties, j'ai choisi de laisser parler les photos à ma place pour cette superbe journée de Canyoning.

imagen_0141

Le Départ : Milo (notre guide), Antoine, Suzann, Ludo et moi (de droite à gauche)

.

  nueva_imagen   nueva_imagen2   nueva_imagen3     imagen_052

Le milieu naturel est très différent de celui rencontré dans l'arrière-pays niçois lors du week-end Salsa/Canyoning. Exit les falaises, place à une forêt dense, aux lianes, aux troncs d'arbres jonchant le rio...

nueva_imagen4

imagen_076  imagen_081  imagen_098  imagen_045

Ambiance géniale, paysages imposants, guides au top, sensations extrèmes avec la descente en rappel d'une cascade de 35m de haut... Une chouette journée comme disent mes amis belges

Posté par salsapiero à 17:54 - Commentaires [6] - Permalien [#]

06 juillet 2005

Los Nevados : 3 jours de trek

Mercredi 6 Juillet, Mérida

Au programme de cette première journée de trek, nous devons monter en jeep au village de Los Nevados perché à 2700 mètres d’altitude. Alexis, le chauffeur, Pedro, notre guide, sont à l’avant. Suzann, Toon, Ludo et moi nous partageons les banquettes à l’arrière.

        jeep_depart   

(Photo de mon sac sur le toit de la jeep emballé dans un sac poubelle)

Madonna et son « Like a virgin », faute de succès, doit laisser sa place dans l’autoradio à Oscar D’Leon et Elvis Crespo. « Suavemente », nous filons à travers une petite route de montagne. Glaise, calcaire, argile…, la composition du sol comme la végétation varient au fur et à mesure de l’ascension.

img_1394       img_1396         ba_os   

  img_1397       img_1423

A chaque arrêt, Alexis ouvre le capot pour vérifier que tout est en ordre. Avec savoir-faire, il sait ménager sa monture pour qu’elle arrive à destination. Toutefois, il ne pourra rien contre l’état de la chaussée rendu désastreux par les fortes pluies de la veille. Pas le choix, faudra pousser !

route  img_1404 

   jeep2  toon2  img_14191     img_1410

img_1411   img_1414   

En milieu d’après-midi, nous arrivons à Los Nevados. Chaque ville, village ou hameau se doit d’avoir sa place Bolivar, en hommage au libérateur du pays Simon Bolivar (1783-1830). Los Nevados ne déroge pas à la règle.

img_1425   bolivar   nueva_imagen1

Demain, nous devons monter à dos de mule à la croix San Quelquechose. Je demande à Pedro s’il est possible de monter à pied. « Impossible, yo walk mucho, pero il faut la mula para monter… ». A l’aide des 3 langues, on finit toujours pas se comprendre.

Toon et moi allons visiter l'école primaire du village. Voici quelques photos :

img_1428   img_1434   img_1435

La jeep laissée au village, il nous faut une petite heure de marche paisible pour atteindre le refuge. Pedro et une jeune femme du village se mettent à nous préparer un sanconcho (pour la recette, http://www.marmiton.org/recettes/recette.cfm?num_recette=8475, vous me demandiez de partager les saveurs de mon voyage, la balle est maintenant dans vote camp ! lol !). Nous sommes formellement interdit de séjour dans la cuisine, et la recette exacte restera pour nous un mystère.

img_1443    cuicine_refuge   soncocho

Je ne me résous toujours pas à effectuer ce « trek » sans en baver un peu dans les côtes et reviens plusieurs fois à la charge pour savoir s’il est vraiment impossible de monter à pied en haut de cette montagne. Lassé, Pedro finit par me dire ce que j’avais envie d’entendre et me donne les indications nécessaires pour ne pas me perdre. Il est entendu que je partirais plus tôt que le reste du groupe et que nous nous retrouverons en chemin.

La soupe avalée, je ne tarde pas à faire faux bond au reste de la troupe et pars me faufiler dans mon sac à viande. Pedro nous avait assuré que prendre nos sacs de couchage était inutile. La maigre couverture disponible me fera profiter pleinement de la fraîcheur de la nuit…

Piero

            

             

Posté par salsapiero à 05:13 - Commentaires [0] - Permalien [#]

07 juillet 2005

L'ascension

Jeudi 7 Juillet, Los Nevados

Lever à 6h30, petit-déj composé d’un morceau de pain, d’une poignet de céréales, d’un fruit de la passion et d’une mangue. De quoi attaquer la grande ascension avec sérénité. J’attends pour partir que Pedro se lève, qu’il apprécie la météo et me donne ses dernières recommandations. Me voilà sur le sentier, sac d’une dizaine de kilos sur le dos, le sourire aux lèvres, à l’aube d’une journée exceptionnelle, à arpenter les premiers lacets. 

img_1451                 img_1457

Etre seul au milieu de ses montagnes me souffle un parfum de liberté et plénitude absolu. Je me délecte de chaque foulée, de chaque ruisseau franchi.

img_1448                   img_1461   

                                                          

Je m’astreins à boire régulièrement pour éviter le mal des montagnes. Vents glacés et pluie font que je m’arrête peu. Les arepas au cheddar et des figues sèches me fournissent l’énergie nécessaire pour faire face à la pente qui ne cesse de s’accentuer.

Un dernier « coup de cul », et la croix du sommet, perchée à près de 4500 mètres, se jette sur moi. Une certaine ivresse accompagne la joie d’avoir réussi en moins de 4h à engloutir plus de 1600 mètres de dénivelé. Arrogant comme peut être l’homme quand la nature a bien voulu lui être clémente, je rigole de l’aisance avec laquelle j’ai atteint le sommet de cette grotesque petite colline ! Pour compléter le tableau de cette attitude ridicule, je gonfle ma poitrine d’orgueil lorsqu’un guide, croisé dans la descente, me félicite de ma performance. Qu’on peut être con parfois ! C’est d’ailleurs si bon…

                                   croix

Pendant 2h, autour d’un café chaud, je guette l’arrivée de mes acolytes. Suzann nous laisse et prend le teleferico pour redescendre sur Mérida.

La montée en mule ne leur à pas enlever trop d’énergie et nous descendons à vive allure le sentier nous menant à notre prochaine étape. Nous dormirons chez des habitants de la vallée dans une maison perchée à plus de 3700 mètres d’altitude. Un peu fiévreux, une sieste réparatrice me conduit jusqu’au dîner où des truites fraîchement pêchées nous attendent.

                        img_1495                                         img_1488

Bien évidemment, il n’y a ni eau courante, ni électricité. C’est donc à la lumière de la bougie et avec la musique jouée par l’Ipod d’Antoine (Sic !) qu’est entamée une discussion sur le thème « Qualité de vie : Etude comparée entre le milieu montagnard vénézuélien et plat pays belge », débat auquel je n’ai aucune envie de me joindre préférant me laisser aller à d’autres rêveries.

Piero

                                                                  

                     

Posté par salsapiero à 02:07 - Commentaires [0] - Permalien [#]

08 juillet 2005

Redescente dans la vallée

Vendredi 8 Juillet, perdu dans la montagne

Comme vous pouvez le constater, il y a toujours un leger décalage (à peine 2 semaines!) entre mes journées et leurs récits sur le blog. Je préviligie de répondre personnellement aux mails que je reçois. Je vais essayer en moins de 2h de rattrapper tout mon retard. Je ne serai donc beaucoup plus concis qu'à l'accoutumée. De plus, ajouter des photos prend un temps monstrueux. Alors laisser libre cours à votre imagination, vous ne pourrez être déçus!

Après le petit déj (lait de vache fraîchement trait et fromage fumé) et dernier tour de la propriété, nous attaquons la redescente dans la vallée. Vers 1h, nous retrouvons l'asphalte. Pour récompenser nos efforts et panser nos corps meurtris, nous nous rendons dans des sources chaudes. Le lieu est bruyant et bondé, mais les 37 degrés de l'eau et le sauna naturel finissent de nous délasser.

Au cours de la journée, j 'ai pris la décision de partir le soir-même et de prendre un bus de nuit pour me rendre sur la côte. En chemin vers la gare routière, je croise des centaines de voitures, musique à fond, coffres ouverts. Toute la nuit, la ville célébrera les nouveaux licenciés de l'université. Pendant que je me morfonds lové au creux d'un siège sans appuis-tête...

Piero

Posté par salsapiero à 18:43 - Commentaires [0] - Permalien [#]

09 juillet 2005

Tambores

Du Samedi 9 au mardi 12 Juillet, au bord de l'eau

Arrivée vers 9h à la gare routière de Maracay. D’ici, je saute dans un bus bondé qui m’emmènera jusqu'à Choroni, petite ville réputée pour ses plages et sa vie nocturne. Mon entrée dans ce bus minuscule avec mon sac-à-dos gigantesque provoque l’hilarité générale. Gauche, je parviens tout de même à trouver un siège dont la proximité avec la rangée du devant place mes genoux à la hauteur de mes oreilles. Neuf étudiantes françaises, envoyées en stage au Venezuela dans le cadre de la mission Barrio Adentro (projet venezuelo-cubain dédié à implantation dans les quartiers populaires de modules de santé délivrant une médecine préventive et généraliste) planifient, via Choroni, de se rendre à Chuao pour y passer le we. Je me joins au groupe. Ce village, inaccessible par la route, se trouve à 20min de « plancha » (petit bateau à moteur) de Choroni.

Il faut une heure de marche, rendue périlleuse par les chutes intempestives de mangue, pour joindre la plage au village. Seuls touristes, nous sommes l’objet de toutes les attentions. La soirée se passe sur le rythme des tambours, musique traditionnelle locale, et chacun y va de son petit pas de danse.

Les filles repartent le lendemain matin. Je décide de rester dans cette place paisible pendant plusieurs jours. Au programme, lecture, jogging, baignade, méthode « Assimil ». Le mardi matin, je replie bagages pour retourner sur Chorini. Quelques 5 heures d’attente pour un bateau sont l’occasion de tester mes nouvelles phrases chocs en espagnol avec les commerçants du coin.

Playa grande, balades nocturnes, piqûre de moustiques…

Piero

Posté par salsapiero à 19:15 - Commentaires [0] - Permalien [#]

13 juillet 2005

Village allemand!

Du mercredi 13 au dimanche 17 juillet,

la Colonia Tovar

Tôt le matin, je prends un bus pour Maracay. Je dois y retrouver en fin d’après-midi Apolonia, rencontrée à Caracas le jour de mon arrivée.

Je tente de planifier la suite de mon voyage et me rends dans le centre de Maracay pour acheter mes billets d’avion. Départ pour Quito le dimanche suivant, retour de Lima pour Caracas le 18 septembre, soit 2 jours avant mon retour en France.

Nous passons la soirée à Palo Negro chez les tantes, cousines, oncles et cousins d’Apolonia. Le lendemain, nous partons pour

la Colonia

Tovar

, village allemand au milieu du Venezuela. Au milieu du 19ème siècle, l’agriculture est dévastée après la guerre d’Indépendance. Le gouvernement vénézuelien fait un appel à l’immigration, et des centaines d’allemands viennent s’installer sur des hauteurs à quelques 3 heures de Caracas. Le village fonctionnera avec ses propres lois jusqu’au milieu du 20ème siècle. Pendant plus de 100 ans, le mariage mixte est interdit. Nous croisons donc encore de jolies têtes blondes parlant un allemand désuet et habitant dans des maisons ornées de colombages !

C’est la brume et la pluie qui nous accueille au réveil le vendredi matin. Après une ultime balade, nous décidons de rentrer sur Caracas. Un concert de Marc Anthony et Olga Tañon est programmé le samedi soir. Je cours acheter une place, avant de me raviser devant le prix exorbitant des billets. Tant pis, next time.

Mon étape vénézuelienne touche à sa fin et c’est avec quelques heures de retard que je décole pour Quito le dimanche soir. Les lectures du Monde, de Libé et du Canard enchaîné accompagnent mon vol. Jusqu’au bout, Apolonia aura été d’une gentillesse exceptionnelle, me présentant à ses amis, m’invitant dans sa famille, me baladant partout, me récupérant même la presse française au comptoir Air France.

Maintenant, place à l’Equateur...

Piero

Posté par salsapiero à 20:20 - Commentaires [0] - Permalien [#]

24 juillet 2005

Quito, Ecuador

Du lundi 18 au Dimanche 24 juillet 2005, Quito

Premier contact avec Quito, son aéroport. Il est déjà 1h du mat, et je me résous à y passer la nuit pour économiser taxi et hôtel. Un banc m’accueille gentiment, et je finis de dépouiller les dernières dépêches du Canard. J’attends patiemment le petit matin pour changer un peu d’argent et me rendre en bus dans le centre de Quito.

Immédiatement, je me sens très à l’aise dans cette ville, loin de l’agitation de Caracas. Rues pavées menant de parcs en maisons coloniales. Soleil et fraîcheur. Hôtel pour backpackers déjantés.

Trois fois par semaine, l’hôtel organise des soirées Rhum & Coke où des bassines géantes de mauvais alcools ne cessent de se vider. Ajouté à des maux de tête dus à l’altitude (2800m), il m’est difficile de récupérer de ma nuit blanche. Les 2 premières journées seront consacrées à errer, nez en l’air, dans le vieux et le moderne Quito. Mes premières impressions sont confirmées et il se dégage une atmosphère paisible dans cette capitale à taille humaine. Des rabat-joies tentent de me faire peur en racontant les pires histoires et me conseillent de ne jamais sortir de l’Hôtel après midi ! A la décharge de leur paranoïa sans limite, 2 corps allongés au coin de ma rue, serviettes blanches sur la tête, colombiens abattus lors d’un règlement de compte…

Du haut de la Basilica, je profite d’une vue de Quito à 360 degrés. Les toits de la ville me fascinent. Je me surprends même à miauler rêvant d’une vie différente, bondissant de gouttière en gouttière, profitant de quelques caresses de touristes attendris. De ma vie de pacha à celle de chat, il n’y a qu’un pas ! Le marché du Mariscal est étonnant : les étalages de vêtements traditionnels et d’artisanat locaux succédant aux boutiques de piercing et tatoo se mêlent dans une harmonie toute naturelle.

Oswaldo Guyasamin est un peintre contemporain équatorien. La fondation qui lui est dédiée est formidable. Je vous invite à aller le découvrir sur www.guayasamin.com. Une série magnifique sur l’expression des émotions par les mains m’a particulièrement touchée. Maintenant, cliquez sur « commentaire » au bas de ce post et dites moi ce que vous en penser.

Impossible de se rendre en Equateur et de ne pas aller marcher sur la ligne qui sépare les 2 hémisphères. Latitude 0’00’00. Sur l’équateur, un œuf posé sur un clou ne ressent pas la rotation de la terre et tient ainsi en équilibre. Un lavabo se vide par le siphon sans provoquer de tourbillon. Un chat retombe toujours sur ses pattes (ok, je sais, ça n’a rien à voir !)…

Je me rends sur les hauteurs du volcan Pululahua. Un vieil homme m’indique qu’il est possible de descendre dans le cratère, et de rejoindre en moins d’1h30, de l’autre côté, un village d’où je pourrais prendre un autre bus pour Quito. La journée est splendide, je dévale donc la pente en sifflotant. Le cratère est aujourd’hui une plaine verdoyante, laissant peu de places aux cendres volcaniques. Au bout d’une heure de marche, l’horizon ne me montre aucun village. Je lève le pouce et saute à l’arrière d’un pick-up chargé de sac de céréales. Après une petite pause « Récolte » dans le champ de mes bienfaiteurs, je me retrouve de nouveau à l’arrière en train d’écosser des petits pois pour leur soupe du soir. J’apprends avec sourire qu’il m’aurait fallu plus de 6h pour me rendre au village. Les ongles des 2 pouces totalement décollés de la peau, je donne mon sac de petits pois et saute du camion pour m’en retourner à Quito. Sensation très agréable d’avoir pu vivre quelque chose de différent grâce aux quelques notions d’espagnol acquises pendant le voyage.

Je vous passe sur les quelques soirées salsa et conclue ce post en vous donnant ma destination du jour : Baños, à quelques heures au sud de Quito.

Piero

Posté par salsapiero à 21:43 - Commentaires [1] - Permalien [#]

28 juillet 2005

Entre Baños et Cuenca

Lundi 24 Juillet, Baños

Le temps est maussade, la pluie fine mais continue. Après un tour de la ville, je décide de louer un vtt pour rouler le long de la route qui mène de Baños à Puyo. La vallée est verdoyante, « le rio grandit sous la brume ». Première frayeur : 2 tunnels, un dans chaque sens, passages obligés pour continuer son chemin. Ils partagent la particularité de n’être pas éclairés tout comme mon engin à 2 roues. Au début, je me lance serein à pleine vitesse profitant de l’élan de la descente, mais arrivé au milieu, l’obscurité rend impossible de savoir si je suis à gauche, à droite ou au milieu de la. Une seule solution : crier, pédaler de plus en plus vite en fermant les yeux. Si le guidon touche la paroi sur la gauche, tourner à droite, s’il touche à droite tourner à gauche, si j’arrive entier au bout du tunnel, allumer un cierge. Plusieurs cascades s’offrent à mes yeux dont le Paillon del Diablo et son débit impressionant. Pour éviter le remontée, tous les « maontainbikers » placent leur vélo sur le toit d’un bus et leurs fesses à l’intérieur pour retourner à Baños. Mais il pleut et que je suis déjà crevé, je ferai le chemin bien vissé sur ma selle.

La soirée se passe avec « 100 ans de solitude » de Garcia Marquez dans un bar où salsa et reggeaton se tirent la bourre. Plongé dans les lectures, noyé dans le Banana Daïquiri, je n’ai pas remarqué l’arrivée des musiciens qui me font sursauter en se mettant à jouer les airs locaux à l’aide de guitares et flûtes de pan. Leur accoutrement m’amuse, pancho traditionnel sur le dos, basket nike au pied.

Mardi 26 juillet, entre Baños et Cuenca

Je file toujours vers le sud. Journée passée dans un bus et arrivée en début de soirée à Cuenca

Mercredi 27, Jeudi 28 juillet, Cuenca

Visite de la ville coloniale. Tour des librairies, Alliance francaise, ... pour recharger stock de bouquin avant long voyage. Départ vendredi pour le Pérou. Samedi à Lima. Au lac Ticaca, lundi ou mardi. 3 à 4 jours de bus en perspectives. Que bueno!

Piero

Posté par salsapiero à 03:02 - Commentaires [1] - Permalien [#]

06 août 2005

Traversée du désert péruvien

Du vendredi 29 Juillet au Mardi 2 Aout 2005

Dès 7 heures, je me mets en route pour la gare routière, saute dans un bus pour Huaquillas, ville à la frontière de l’Equateur et du Pérou. Ambiance oppressante. Anna, Ben (2 anglais rencontrés dans le bus) et moi sommes assaillis de toute part : taxi, bus, change… Impossible de faire un pas sans marcher sur un équatorien nous proposant ses services !
Passer la frontière est un exercice fastidieux, nous passons d’un bureau à l’autre, tendons notre passeport quand on nous le demande, mais sans rien comprendre à la logique de toutes ses formalités. Nous finissons par arriver à Tumbes, ville tout aussi peu accueillante. Après un petit tour dans les ruelles, le charme n’opère toujours pas, et nous prenons un bus direct pour Lima. Quelques 20 heures plus tard, je quitte mes compagnons d’infortune pour trouver un asile et… réserver un bus pour le lendemain en direction d’Arequipa. Le hasard des rencontres me fait atterrir dans une maison limeños où les propriétaires ont l’habitude d’accueillir des touristes. Tableaux pieux, Bible ouverte sur le buffet, films de Steven Seagal et Jean-Claude Van Damme en continue… Paradoxalement, les 14 autres voyageurs présents sont tous israéliens. Assez difficile à comprendre l’Hébreu sans notion.
A première vue, Lima est une ville sans charme. Mais au fur et à mesure des promenades, cela se confirme. C’est donc sans regret que je m’apprête à passer une nouvelle nuit dans le bus. Me retrouve à côté d’un péruvien d’une cinquantaine d’année qui se révèle être une source intarissable en banalités. Je prie tous les saints pour qu’il finisse par s’épuiser. Vers minuit, mes prières sont entendues. Des ronflements bruyants me berceront le reste de la nuit.
Arequipa est l’une des villes les plus agréables du pays. En même temps, après 3 jours de bus, j’aurais également trouvé du charme au Havre sous une pluie glacée de novembre. L’architecture des bâtiments est harmonieuse, la place principale avec sa double rangée d’arcade ne manque pas de cachet, de petites ruelles mènent à des lieux insolites. Je regrette presque d’avoir déjà pris mon billet pour le lendemain. Pourtant, à 6h du mat, sac au dos, me voilà en route pour La Paz. Pourquoi tant d’empressement à rejoindre la Bolivie ? Je ne sais pas exactement. Je me suis réveillé un matin à Quito en songeant « dans une semaine, je serais en Bolivie ». et on plaisante pas avec les songes !
En 5 jours et quelques 50 heures de bus, le Pérou est avalé. Les paysages traversés se révélèrent étonnants : désert de dunes, désert de pierre, désert de terre… Des kilomètres de côtes sans rencontré la moindre trace de civilisation. Très loin des images d’Epinal « C’est le Pérou ».
Le passage de la frontière bolivienne se passe sans encombre. Encore 2 heures, et je serai à la Paz.

Piero


Posté par salsapiero à 18:11 - Commentaires [0] - Permalien [#]

La Paix

Du Mercredi 3 au Samedi 6 août 2005, La Paz

Le taxibus arrive par le haut de la ville, sur une coline qui surplombe toute la cité. La Paz est la seule ville au monde où les pauvres sont retranchés dans les quartiers hauts et où les riches ont investi les quartiers bas. De 4000 mètres à 3100 mètres d’altitude, la ville est, pour le moins que l’on puisse dire, en pente. Des vents glacés balaient les hauteurs et s’engouffrent dans de vétustes logements. Le climat est plus tempéré en contrebas.
La Paz est un patchwork architectural. Ses rues pavées de grandes pierres polies aux joints quasi inexistants nous mènent de splendides batisses coloniales en bâtiments monstrueux style années 70 (formes géomètriques disgracieuses répétées à l’infini, vitres fumées marrons : faculté de Jussieu ou de Tolbiac, pour vous donnez une idée).
Le Musée d’Art moderne s’en tire plutôt bien avec sa facade coloniale, ses larges portes en fer forgé style Art deco et un toit intérieur vitré signé Gustave Eiffel (genre toit de gare francaise). Je prierais nos amis architectes (belges compris) de nous faire par de leurs lumières à ce sujet plutôt que de se foutre poliment de ma gueule quant à mes carences en la matière.
Petites données historiques : en 1805, San Pedro de Murillo libère la ville du joug espagnol ; en 1825, Simon Bolivar, encore lui, toujours dans les bons coups, devient le premier Président de la République de Bolivie ; en 1879, guerre tragique avec le Chili où la Bolivie perd son accès à la mer limitant ses exportations de mineraies et l’isolant du reste du monde (ce qui explique le faible métissage des boliviens, n’ayant pas connu les vagues d’immigrations européennes) ; en 1946, sur un coup de tête, ils pendent leur Président du moment ; en mai 2005, pour éviter le même sort (?), leur chef d’Etat démissionne (pas fou le gars) après les grèves massives suivant son annonce de privatiser le gaz. J’ai recencé quelques 64 Présidents en moins de 180 années, ce qui illustre la stabilité politique du pays. Chirac devrait venir ici donner des cours de sciences politiques sur le thème « Longétivité au pouvoir malgré la tempête », les bancs de l’Université ne désempliraient pas.
Bref, j’aime cette ville, y flâné de marchés en musées sans me soucier du froid qui fait. Pentes vertigineuses et altitude font que 2h de balade dans la ville sont plus éprouvantes que 4 tours de la Belgique à saute-mouton (Svp, Amis belges : envoyez moi vos vidéos, on comparera).
Des photos très prochainement,
Biz,

Piero


Posté par salsapiero à 18:15 - Commentaires [0] - Permalien [#]

07 août 2005

Descente en vtt

Dimanche 7 Aout 2005, Coroico

Apres quelques deboires pour trouver une agence fiable, je monte dans un minibus qui me mene de La Paz a la Cumbre. Ce lieu-dit, se trouvant a 4700 metres d'atitude, est le point de depart de notre journee. Pendant pres de 5 heures, nous allons arpenter a vtt la route la plus dangereuse du monde pour arriver a Coroico. En haut, la brume epaisse limite la visibilite et les mitenes ne sont d'aucun secours contre le froid. La premiere partie de la route est asphalte et ne presente aucun danger particulier. En changeant de versant, l'asphalte laisse place a la terre, trous et autres caillasses. Le velo ne repond pas toujours a mes desirs, les freins a disque sont mis a dure epreuve. Le ciel est a present degage, la vue de la vallee superbe. Quelques carcasses de vehicules sont oubliees en contrebas de la falaise. Il y a plus de 40 accidents mortels par an, soit 1 tous les 10 jours. En etant un peu attentif lors des virages a gauche, la descente en velo se revele moins dangereuse. On se taille la bourre avec le guide, on joue a celui qui freinera le plus tard. Je remporte haut la main le concours du "Premier a manger un pan de falaise", ce qui m'attire le respect des amateurs de la discipline.

Piero

Posté par salsapiero à 04:41 - Commentaires [0] - Permalien [#]

08 août 2005

El calverio

Lundi 8 Aout, Coroico

Coroico est un lieu de villegiature connue pour son climat agreable. La ville se trouve a une altitude beaucoup plus basse que La Paz. Apres avoir trenasse au lit avec Hemingway, etire mes membres rendus douloureux par les efforts de la veille, je pars decouvrir le centre et ses rues pavees en pente vertigineuse. Qui n'a pas entendu parle des cascades de Coroico. A peu pres tout le monde et ca se comprend. Car les legers filets d'eau s'echappant de la roche necessite tout de meme, pour etre admires, quelques trois heures de marche sous la pluie.

En remontant dans mes pennates, je fais la connaissance d'Alain, trempe jusqu'aux os, poussant son velo et ses 40kg de sacoches sur les pavees glissants. Ce belge de 37 ans profite de son conges sabbatique de 10 mois pour pedaler de Lima au sud de l'Argentine. Autour d'une cervesita, il me raconte ses experiences et eveille en moi d'autres idees de voyage...

Piero

Posté par salsapiero à 04:42 - Commentaires [0] - Permalien [#]