11 septembre 2005

A bout de souffle

Vendredi 9 septembre, retour de Mapiri a La Paz

Mapiri est un village aux larges rues de terres battues qui laissent présager un trafic important de matieres premieres (bois, bananes,...). Nous sommes a moins de 700 metres d'alitude et il y fait tres chaud malgre l'hiver bolivien. Si j'avais échappé aux moustiques dans la foret, c'est pour mieux leur servir de festin ici!

Le bilan de santé n'a rien d'alarmant. Apres avoir bu pendant 3 jours une eau verdatre et stagnante puisée dans des petits trous de terre, je craignais quelques réactions néfastes, mais l'iode ajoutée et sa subtile saveur semblent avoir été efficaces. Multiples bosses, égratignures, bleus, ampoules ensanglantées, courbatures, malodo, foulures... bref, tout ce qui se trouve dans l'encyclopédie médicale au chapitrte "Bénin", excepté l'hydrarthrose du genou. C'est vrai ca, pourquoi je l'ai pas l'hydrarthrose du genou, c'est véxant... (délire qui ne trouva écho que si vous avez lu Trois hommes dans un bateau de Jerome K Jerome). Mais la satisfaction d'avoir été au bout de moi-meme pendant ses quatre jours efface les petits bobos. Un peu comme ces coureurs du dimanche (quand il fait bon et qu'il ne pleut pas), qui, au lieu de prendre le metro ou le bus pour se rendre des Champs-Elysées a l'Avenue Foch, se tapent, un pluvieux matin d'avril, les 42,195 km du marathon de Paris. Tiens, en vla une idée intéressante, faire un marathon en 2006. Qui me suit? Je nous imagine déja apres 10 km et 1 heure de course "allez plus que 3 heures, c'est quoi 3 heures a l'echelle d'une vie, a peine Le Grand Bleu en version longue..."

Je me réjouissais d'avoir a prendre le bateau pour aller de Mapiri a Guanay, mais le rio étant tres bas, je dois prendre un 4x4. La poussiere de la piste me donne un teint halé. J'arrive en pleine fete de village, les danseurs folkloriques gesticulant sur des rythmes répétitifs de fanfare. L'ambiance est bonne enfant, les costumes colorés sont de sortie. Un homme sur la place m'accoste d'un "Hi, where are u from?". Invariablement, quand il s'agit d'un occidental, je réponds "From Marseille". C'est un témoin de Jéhova venant d'Annecy installé en Bolivie avec sa femme depuis 12 ans. La discussion s'engage. Il m'explique qu'il a le sentiment que les gens sont a la recherche de reperes, que le créateur peut les aider. Je lui réponds José Bové, désobéissance civile et non-violence. Dialogues irreels, il m'offre 2 ouvrages sur comment avoir une famille heureuse et les mysteres de la Création, que je m'empresse, apres les avoir feuilleter par curiosité intellectuelle, d'échanger en arrivant a La Paz...

Une nuit de bus sur la piste montagneuse reliant Guanay a La Paz finit de m'achever.

Piero

Posté par salsapiero à 19:05 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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