24 août 2005

Berceau de l'Histoire

Du vendredi 19 au mercredi 24 Aout, Potosi

Cette ville magnifique a connu son essor lorsqu'un conquistador, apres avoir bavardé avec un vieil indien, découvre que les montagnes environnantes recellent d'importantes quantités d'argent. C'est donc a partir du milieu du XVIeme siecle que le Royaume d'Espagne commence a investir massivement a Potosi. La ville devient rapidemment plus riche que Londres et Paris réunies. La manne financiere que représente l'argent extrait des mines a cette époque participe a l'avenement du capitalisme moderne en Europe. Anecdotiquement, 6 a 8 millions d'indiens, travaillant jusqu'a 48 heures d'affilée, ne se nourrissant que de feuilles de coca, vont périr dans les mines. Paralellement, les richesses seront dilapidées, allant jusqu'a appauvrir le Royaume d'Espagne!

La visite de la mine de Cerro Rico est une descente au fin fond de l'histoire de la colonisation. Exepté l'arrivée de perforeuses a air comprimé, les mineurs travaillent de la meme maniere depuis plusieurs siecles. Batons de dynamite, wagons poussés sur des rails, poulis, pelles, marteaux, burins... En 1996, un mineur a atteint l'age de la retraite. Il a fait la une de tous les journaux. La mine a ses croyances, on laisse quelques offrandes au Tio (diable de la mine qui garantit aux mineurs, non la protection, mais la production). On boit a sa santé un subtil alcool a 96 degrés. Etonnamment, ca arrache la gorge jusqu'aux entrailles...

Le dimanche, je pars avec Miguel, guide, pour 2 jours de rando montagneuse autour de la Laguna Kari Kari. Lui ayant dit que j'aimais marché, il impose un rythme d'enfer. Toujours trop fier pour lui demander de ralentir, je sers les dents a m'en decoller les gencives et le suis au pas. Instantanément, mes reins se mettent a produire une quantité phénoménale d'EPO, a faire palir d'envie un cycliste du Tour de France. L'erythropoietine, je la sens parfaitement, court vers la moelle osseuse, passe commande fissa d'erythrocytes qui deviendront, apres quelques foulées supplémentaires a suivre désesperement Miguel, de jolies globules rouges capables de recueillir moults oxygene. Je repire de nouveau lorsque nous atteignons les 5000 metres d'altitude. Nous redescendons tranquillement (c'était bien la peine que mes reins se fatiguent), au milieu de lamas, alapacas et autres vicognes, jusqu'a la demeure d'un homme vivant avec sa mere et sa niece, instantané de 3 génerations d'indiens quechua. La mere ne parle pas le castillan et s'adresse a moi en quechua. Je fronce les sourcils et crois reconnaitre un subtil mélange de posh anglais et de danois, d'arabe dialectal et de celte, de madarin et de coassement amphibien. Le repas a 5 est chaleureux, mais le froid nous jette de bonne heure dans nos duvets. Le lendemain, le chemin ne présente aucune difficulté particuliere. Les sources chaudes d'eau volcanique nous accueillent en récompense des efforts fournis.

Quelques jours de plus a Potosi pour s'impregner de l'ambiance de la ville, fete de la San Bartolome dans un village avoisinnant et départ pour Sucre le jeudi.

Des photos avant Noel, c'est promis!

Biz,

Piero

Posté par salsapiero à 14:08 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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